Ces bordelais qui font du bien : Carlos Da Costa

Carlos Da CostaCarlos aime son métier et il vous le montre. Si vous voyez un homme perché très haut sur une flèche ou une tour, il peut s’agir de lui.

Carlos peut atteindre des sommets pour vous restituer la beauté de nos monuments. Pey Berland, Le Grand Théâtre, l’église Saint Louis et d’autres encore… Il travaille depuis 8 ans sur nos trésors patrimoniaux en les nettoyant, les recomposant tout en rêvant de temps en temps .. « J’aimerai bien qu’un petit fantôme vienne m’expliquer comment ils faisaient sans échafaudage, ni protection ? Et comment ils montaient des poutres de 300 kilos pour faire la magnifique charpente du Grand Théâtre ? »

Carlos est certes un aventurier pour monter si haut, mais il n’est pas « tout fou ». Il aime grimper, quitte à ce que sa vie ne tienne que par un fil « pas plus épais que ton doigt ». Mais il faut être sûr de l’échafaudage, sûr de la météo, sûr de son harnais, mais aussi de son casque et de ses chaussures de sécurité qui sont dérisoires face à la chute. « C’est à 10 mètres que tu sais si tu as le vertige ». D’autres se sont arrêtés à mi-chemin et se sont accrochés tétanisés à ce qu’ils pouvaient. On ne peut que les assommer pour descendre !

Mais ce n’est pas forcément la grimpette qui passionne Carlos. C’est aussi redonner une beauté à un bâtiment qu’on ne remarquait plus : « C’est comme une femme ridée qui, une fois maquillée, peut être magnifique. »

Et puis, il y a les surprises comme les pignes magnifiquement ciselées de la Flèche de Saint Michel, impossible à remarquer d’en bas. Il y a aussi la fierté de consolider une belle bâtisse qui allait s’effondrer comme celle qui accueille la crèche de Sainte Colombe.

Et enfin, il y a la matière. Maçon de formation, Carlos a appris à connaître la pierre depuis 17 ans. Il aime travailler ce matériau qu’il met en opposition avec un travail de mécanique. La poussière part après une bonne douche mais la graisse laisse toujours les mains noires. « Peut-être que je suis maniaque ? ». C’est simple mais tout est dit sur les raisons de son choix.

Quand on lui demande ce qui l’exaspère, la réponse est sans détour : les voitures qui se garent sur le chantier malgré l’interdiction. Elles lui font perdre du temps et l’incorrection le dégoûte…. Il est vrai que c’est montrer peu de respect à un homme qui s’applique à embellir notre décor quotidien.

Et son rêve à Carlos ? Travailler sur la statue de la Liberté si elle pouvait être en pierre.

Bordeaux, le 8 mars 2007

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3 réponses à “Ces bordelais qui font du bien : Carlos Da Costa

  1. Beau portrait d’altitude. Tu photographies aussi avec des mots ?

  2. Beau métier et il doit avoir des belles vues de Bordeaux de son poste de travail.

  3. Très joli post, miss Lili.
    Au plaisir de te croiser à nouveau au Chabis avec tes hommes, cette fois j’essayerai d’avoir la tête moins polluée par le boulot (ça arrive, mais ton portrait montre aussi que ce n’est pas une fatalité).
    Merci pour ce petit moment d’embellissement du quotidien.

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