SNCF : petit moment de confusion

SNCF confusion

Jeudi dernier je me rendais à Pau pour parler web 2.0 et webmarketing lors des journées techniques eTourisme organisées par le Comité départemental de Tourisme Béarn Pays Basque et la MOPA. Départ en train depuis Bordeaux Saint-Jean à 12h21, Sonia (elle se reconnaîtra) a eu la gentillesse de s’occuper de tout pour moi, j’ai le billet en poche et je grignote mon sandwich poulet en gardant un œil sur le panneau d’affichage des trains en partance.
Vers midi, mon train est annoncé voie 5, j’y cours j’y vole. Un coup d’œil sur les repères annonçant mon train en bout de quai. Chic, je vais pouvoir attendre au soleil, il fait un temps de printemps qui donne envie de musarder et de trouver que la vie est belle en laissant la fraîcheur de l’air jouer à cache-cache avec la chaleur du soleil sur la peau. Petite épiphanie solitaire, les yeux mi-clos ; quelques habitués de la ligne ont devancé les puceaux dans mon genre et prennent leurs aises au soleil. Tout est tranquille.
D’ailleurs, voici notre train qui arrive, la carlingue flambant neuve du TER jette des couteaux de lumière dans l’atmosphère un peu voilée qui enveloppe Bordeaux. La rame entre en gare, arrive à notre hauteur… et poursuit gentiment sa route. Les petits nouveaux dans mon genre sont les premiers à dresser une truffe inquiète mais, lorsque le train finit par stopper à une bonne centaine de mètres de l’endroit annoncé, même les habitués sortent de leur léthargie et commencent à échanger des regards surpris. Un rien désorienté mais pas trop bougon, tout ce petit monde commence à remballer ses petites affaires, qui son journal qui sa musette qui sa rêverie, s’empare de valises et paquets et se dirige d’un pas qu’on devine faussement nonchalant vers le nouveau lieu d’embarquement.
Je suis le mouvement, des échanges rapides se nouent et se dénouent entre voyageurs qui cherchent à se rassurer. C’est bien le train pour Bayonne ? Vous allez à Pau ? Rien d’affiché sur les panneaux électroniques extérieurs des voitures, pas même cette bonne vieille planchette en PVC qui annonçait la couleur du temps où j’étais étudiant et que je faisais des allers-retours réguliers entre Bordeaux et Toulouse. Les conversations continuent une fois les gens installés. C’est bien le train pour Bayonne ? J’espère, parce que sinon je vais me retrouver ailleurs que là où je vais, madame. Et il passe par Hendaye ? Pardon, mademoiselle qui avez l’air si sereine assise bien sagement sur la banquette du compartiment open space, vous savez si ce train va bien à Pau ? Bien sûr (sourire moqueur ?). Allez, je m’assois.
Deux secondes plus tard, je suis debout : une annonce micro vient de nous apprendre que l’avant du train passe par Bayonne en s’arrêtant dans tous les hameaux entre Bordeaux et Hendaye, tandis que l’arrière va à Pau en mode express. Paquets remballés à la hâte, échange de regards paniques : où est l’avant ? où est l’arrière ? Avec ces trains modernes qui ressemblent à de gros lombrics hermaphrodites, allez savoir…
Me voilà descendu de la voiture où j’étais monté, à galoper sur le quai et à interpeler une jeune femme toute vêtue de bleu SNCF qui agite négligemment un petit drapeau de la même couleur. Hilare, elle me dit que j’ai tout mon temps, mais que je ferais bien de monter dans l’autre partie du train, à cinquante mètres de là. C’est bien à Pau que vous avez dit que vous allez, hein ? Plus le temps de discuter, je m’engouffre dans la voiture qu’elle m’indique. Le panneau électronique défilant situé à l’intérieur de la rame me rassure, plus qu’à espérer que ce n’est pas un nouveau gag et qu’il n’affiche pas Pau par pur caprice.
Délicieux frisson de paranoïa intime – quoique : pas si intime que ça, puisque visiblement partagé par une bonne vingtaine de personnes réinstallées à la hâte qui se regardent avec l’air incrédule des survivants après une catastrophe (au moins dans les séries télé). Au moment où le train démarre, j’ai le temps de constater par la fenêtre que les repères d’embarquement viennent d’être mis à jour et reflètent désormais la composition réelle de la rame et son emplacement le long du quai (avant que nous ne nous mettions en mouvement, certes, mais n’en demandons pas trop non plus).
Y a pas à dire, le tourisme c’est encore sur internet que ça marche le mieux…

Eric
www.la-fin-du-film.comwww.abrisdeglace.com

Publicités

3 réponses à “SNCF : petit moment de confusion

  1. Et encore, tu n’as pas eu à faire avec le wagon fantôme, le 31 !

    Wagon fumeur du corail qui passait à Bordeaux pour finir son parcours à Nantes, wagon absent quasiment une fois sur trois.

    Absence habituellement sans gravité jusqu’au jour où le « grand départ » du moment nous a obligé à voyager dans le wagon postal, assis par terre, avec un lot de contrôleurs qui ne voulaient pas consigner le fait sur les billets pour que l’on demande le remboursement.

  2. C’est marrant comme la technique peut rassurer et comment on peut facilement douter de la parole humaine. N’y voit pas une critique, j’aurais fait comme toi (d’ailleurs je me suis retrouvé à Amiens au lieu d’aller à Méru. Pour ceux qui ne connaissenet pas le Nord, cela rallonge le trajet de 4 h environ).
    Au passage, ravie aussi de t’avoir rencontré et je t’invite cordialement à venir prendre l’apéro un vendredi soir au Chabi, l’atmosphère est très détendu et je pourrai peut-être voir l’Eric si emballé que me décrivait El Yeti.

    PS: il y a généralement plein d’enfant qui jouent sur la terrasse le vendredi soir

    A +

  3. Pingback: Rues de la gare, le blog autour de la gare Saint-Jean à Bordeaux » Blog Archive » Belcier-Saint-Jean vu par google

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s