Régression

En forme de réponse à cette agression, je vous livre rapidement le récit de celle qui m’a fait fait comprendre beaucoup de choses sur l’état de notre cher pays. Cela se passe au Bouscat, dans un Lidl (il y en a un au Bouscat :)), une samedi de mars 2005 vers 18h.

Ma tendre moitié et moi entrons d’un pas alerte pour piocher un paquet de pain de mie. Le magasin va fermer mais il reste encore une quinzaine de personnes. Soudain, un « ninja » encagoulé en noir et équipé d’un fusil à canon court entre dans le magasin à hauteur des caisses et nous intime l’ordre de nous allonger par terre. Tout le monde s’execute (même si le terme est mal choisi quand on est mis en joue par une arme à feu). Deux complices passent dans les bureaux du magasin, ça claque de partout. Notre ninja lance quelques phrases ilmpératives. Comme dans les séries TV, quelques couinements d’angoisse se font entendre autour de nous. Bruits de pas rapides, démarrage d’une voiture et c’est fini. Ou presque…

  • la police est alors appelée au téléphone. Tiens, il n’y a pas d’alarme anti-agression ici ?
  • les responsables du magasin FERMENT les portes afin que les temoins attendent la police. Tiens, il n’y a pas de caméras ?
  • Le choc passé, les gens veulent s’en aller. Après deux minutes de discussion, les portes s’OUVRENT.
  • aucune prise d’identité n’a lieu, soit pour la police, soit pour s’assurer de l’état traumatique des gens.
  • quinze minutes après le début de l’agression, la police n’est pas encore, même sommairement, sur les lieux
  • elle ne recontactera JAMAIS les clients présents
  • je ne retrouverai JAMAIS la moindre trace de cette agression dans la presse alors qu’un gang de braqueurs de supermarchés LIDL semble faire des siennes entre les Lnades et les Pyrenées à la même époque.
  • le gang est parti en… Twingo

Donc, on résume, sous-anticipation des problêmes, absence de réaction, aucun suivi. Nous revoila en plein far west.

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12 réponses à “Régression

  1. Le far west n’est pas fini. Il y aura d’autres bavures quand la tension sociale se durcira. Désolant. Mais en même temps, il ne fallait pas voter pour qui l’on sait. Tant pis pour les pauvres qui se feront tabasser. En espérant qu’ils seront plus lucides aux prochaines présidentielles.

  2. Je ne suis par sur que ça fasse du bien à la gauche française de stigmatiser les gens qui ont voté pour Sarko. C’est justement ce guignol perpétuel des gentils contre les méchants qui fait que la situation s’agrave. C’est le malheur qui pousse à l’agression, pas l’idéologie du Premier français.

    Crois-tu sincèrement que l’agression décrite sur notre blog n’aurait pas pu avoir lieu, même après cinq ans de présidence Royal ? Moi pas. En abaissant ses standards de recrutement jusqu’au ridicule, la police française s’est rendue inopérante. Elle est gerée techniquement comme à l’époque des voitures à chevaux (pour contrôler le cybercrime, des « cellules » sont crées comme à l’époque des Brigades du Tigre…). Vivant à Montréal depuis peu, je peux assurer que la police est visible et crainte car elle ne tolère pas le merdier mais aussi appreciée car elle est diligente et polie.

  3. Hello Fred,
    je vois les mêmes constats que j’ai pu faire en visitant Montréal 😉
    Même si les montréalais eux râlent de l’inefficacité et de la faible qualité de leurs flics, c’est essentiellement parce qu’ils ne connaissent qu’eux.
    Dominique,
    quels changements penses-tu qu’un gouvernement de gauche aurait pu apporté à la police ? J’ai l’impression que si Sarkozy est saisi du dossier particulier il sera plus efficace, il a besoin de montrer que tout file doux sous sa houlette, surtout dans une administration qui était sous sa direction il y a peu. Et je pense que les personnes impliquées dans cette affaire devrait s’adresser à lui directement, il aime avoir tout sous son contrôle : lettre ouverte à Sud-Ouest peut-être ?
    D’ailleurs, est-ce que quelqu’un sait si le Sud-Ouest en a parlé de cet incident ?

  4. Hélas, les gouvernements de gauche sont sur la question de la sécurité tout aussi inopérants que ceux de droite. Il faudrait développer des moyens supplémentaires pour la formation de nos policiers. Mais il n’y a pas que la police qui va mal. Il y a aussi les prisons, et les hôpitaux, et les palais de justice, et….
    Travail pharaonique à accomplir. Mais où trouver l’argent ?
    Ce n’est pas qu’il manque, pourtant.

  5. Dominique,
    Tout à fait d’accord avec ton dernier commentaire mais, comme le fait remarquer OldCola, on chiale facilement sur ce qu’on a sous le nez alors même que le soucis est ailleurs. Les politiques ont accepté leur rôle de boucs émissaires et « g^rent » un merdier tel qu’ils n’en cherchent même plus la sortie. Ce merdier, c’est la population qui l’a engendré, souhaitant souvent donner le moins possible pour recevoir le plus possible sans vérifier au passage ce que coûte le service reçu.

    Les québecois sont par exemple en train de s’appercevoir que TOUS leurs ponts et viaducs routiers sont pourris et que la moitié au moins doivent être reconstruits de façon urgente. En rognant sur l’entretien des infrastructures pendant la période d’austérité qui permet actuellement de vivre correctement ici, les gouvernements ont crée une situation ruineuse et dangereuse. Par ailleurs, le systême de santé public québecois est devenu inopérant, quelle que soit la quantité de pognon qu’on y injecte.

    Le problême de nos sociétés n’est pas un problême d’argent mais de responsabilité individuelle et collective. Il faut urgemment foutre en l’air la théorie keynesienne et revenir à une gestion immédiate de nos actes. Cela réclame de l’éthique et de l’engagement, un truc onéreux et rare dont la France a décidé de se passer.

  6. (Commentaire résolument provocateur et un peu con, mais qu’importe)

    Hélàs, les flics restent des hommes. Alors, de même qu’on accepte que des toubibs fument alors même que par nature fumer est dangereux pour la santé et qu’un médecin est censé oeuvrer pour cette dernière, il faut tolérer que des flics soient des gros bourrins alors même qu’on leur demande d’être irréprochables. C’est un exemple parmi d’autres.

  7. Richard,
    Pour moi, il y a une sacrée différence entre la tolérance et le je-m’en-foutisme. Par exemple, quand un commentaire me semble venir de nulle part, je tolère et je lis mais je laisse pas le sujet en vrac. Il ne faut absolument pas tolerer que les flics soient de gros bourrins car les gros bourrins ne sont pas en mesure d’imposer les regles de la vie en commun qui justifient qu’on paie collectivement des flics. Tu fumes ce que t’a prescrit ton docteur ?

  8. On paie collectivement la sécu, qui fait des campagnes de pub contre le tabac que consomment plein de gens, et parmi eux des toubibs…

    Attention, je ne dis pas que c’est « normal » que des flics tabassent des citoyens, je dis juste que personne n’est irréprochable (hélàs), et qu’il ne faut pas tirer sur l’ambulance. Les flics sont une cible « trop » facile.

  9. Richard,
    Cible facile ? Et si le seul job des flics était justement de ne JAMAIS être des cibles faciles ? Pour être efficace, la police toit être respectée.. et donc respectable. De Tintin à la gendarmerie de Saint Tropez, on s’est toujours moqué de la police… affectueusement. Ce temps est fini car, à force de se borner à planquer leurs dysfonctionnements sous une couche de plus en plus épaisse d’impunité, police et gendarmerie ont atteint un niveau de n’importe quoi digne des milieux qu’elles sont sensées combattre. Et on a jamais vu des débiles dépourvus de sang-froid et d’organisation faire la loi dans les rues.

  10. « Et si le seul job des flics était justement de ne JAMAIS être des cibles faciles ? »

    A ça je répondrai :

    « Et si le seul job des citoyens était justement de ne JAMAIS être « mauvais » ? »

    Voilà, juste pour dire que cette agression est regrettable, condamnable et tout ce que vous en avez dit, mais que les flics sont des hommes, point barre. Donc potentiellement aussi mauvais que les autres.

  11. Richard,
    Je crois que notre divergence d’opinion tient au fait que je vois la police comme un corps constitué, organisé, différencié par un uniforme, entrainé, payé pour une fonction alors que tu y vois des personnes, avec leurs faiblesses et leurs vies pas simples. Alors je dis : quand l’état délivre du pouvoir et une arme à un bonhomme, celui-ci devient de facto autre chose qu’un simple citoyen. Et si les représentants de l’état ne maitrisent pas leurs nerfs ou ne viennent pas au secours des gens, c’est que l’état lui-même ne sait plus ce qu’il fait.

  12. Dans notre exemple précis, ce n’est pas le corps organisé qui s’en est pris à cette dame, mais un seul individu. Je ne p/veux donc pas croire que le « corps constitué » que tu illustres très bien soit aussi pourri dans sa diversité que ce seul individu incriminé.

    Tout à fait d’accord avec ta conclusion, sinon.

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