Alzheimer, façon bordelaise ?

Alzheimer est uen saloperie qui ronge 800 000 français et leurs familles. Elle ronge ma mère depuis dix ans. Quand elle a été admise le 1er novembre aux urgences de l’hopital Saint André de Bordeaux, le pronostic vital était engagé. Il y a quelques heures, une ambulance s’est garée devant chez mes parents à Mérignac et a déposé ma mère sans autre forme de procès. Personne n’a prévenu mon père de ce retour, prévu quelques jours plus tard. Personne n’a pris la peine de s’enquérir de la préparation d’une chambre médicalisée jugée nécessaire par les internes de cet hopital. La machine a recraché sa patiente aux bons soins de sa famille, sans tenir compte de l’information qu’elle livrait au compte-goutte aux aidants. Cette absence de communication et du plus petit sens commun contraste lourdement avec ce que la Commission Alzheimer a pointé récemment. Je sais, ici on cause plus art moderne et bibine que maladies cruelles et état des institutions publiques mais j’aimerais bien entendre les pontes de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation m’expliquer ce genre de cafouillage calamiteux.

UPDATE : ce n’est pas un cas isolé. Personne ne semble capable d’informer les familles des patients de l’hopital saint-andré.

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19 réponses à “Alzheimer, façon bordelaise ?

  1. Ce n’est pas un cas isolé, personne ne semble pouvoir informer même les patients qui sont à même de comprendre ce qui leur arrive et qui réclament à cor et à cris des explications sur leur état (pas toujours, mais j’en entends tellement parler que ça devient gênant).

    Je ne pense pas que l’un ou l’autre des pontes impliqués t’expliqueront quoi que ce soit.

    Ma recommandation serait de laisser un mot au Dr Michèle Delaunay C’est une blogger, elle est médecin, elle travaille à St André, elle est députée, peut-être qu’elle est plus communicative que d’autres et pourra te donner des explications.

    Franchement je pense que tu aura une réponse.

  2. Merci. Je crois que je fêterai ça en virant ce post 🙂

  3. ben… Pour connaitre on ne peut mieux le sujet, c’est trés trés trés courant.
    C’est même la norme; y compris le relargage de patient chez lui à 2 heures du mat en sortie des urgences…

    Perso j’ai hurlé, guelé, tapé a toutes les portes et je te le dis cash tout le monde, surtout et particulièrement delaunay… s’en fout.

    Voila c’est dit.
    keep the presure

    yann

  4. Hi Yann,
    je ne dis pas que Michèle Delaunay s’y intéresse particulièrement, mais si la question lui est posée peut-être qu’elle daignera y répondre. Simple pas coûteux et direct que de lui poser la question. Ne pas le faire serait dommage.

    Fred,
    ne vire pas le post STP, je ne voudrais pas que NotreBordeaux soit un espace aseptisé ou qu’on n’y discute que des poubelles qui gênent sur le trottoir.
    Si tu ne penses pas contacter MD je pourrais le faire, en lui indiquant ce post et en lui demandant un avis.

  5. Merci pour votre soutien.

    Comme l’écrit Yann, il semble que ce genre d’aventures soit monnaie courante. J’ai donc écrit à Michèle Delaunay via son blog en lui rappelant que Rousset a soutenu des projets plutôt intelligents en Aquitaine comme le Réseau de Cancérologie (RCA) qui a initié les bases d’un dossier électronique partagé pour le patient. Notre région a aussi investi dans le déploiement de solution de communication entre les parents et les professeurs dans établissements scolaires relevant de sa compétence territoriale.

    J’ai demandé à Mme Delaunay d’envisager de secouer l’Agence Regionale de l’Hospitalisation (ARH) afin que les hostos implémentent des solutions de communication avec les familles de patients. Elle renfloue l’Utopia et la ligne 15 (le bus du Grand parc) mais peut-elle changer les mentalités de l’hopital ?

  6. Affaire pitoyable en effet ! Contactez plutôt la direction de l’hôpital que Michèle Delaunay.

  7. Merci Dominique. Il me semble utile d’informer les politiques que les structure qu’ils nourissent avec nos ronds n’agissent pas en promoteurs de solutions simples. Je me vois mal blâmer les hospitaliers qui jonglent avec une demande croissante et des moyens techniques et humains réduits. Par contre, il serait bon que les élus soufflent dans les bronches de petits cloaques comme les Agences Régionales de l’Hospitalisation qui pompent les crédits sans apporter grand chose de concret.

  8. Euh… old cola, je sais que j’ai la réputation de m’emporter vite mais quand même, si je dis que delaunay s’en tape c’est pour l’avoir tenté moi même, ex membre du ps je lui ai envoyé la dessus 5 messages sur son blog et j’attends toujours une réponse…

    Quant à l’arh, et l’hosto, ils savent ce qu’ils font désolé. Ils libérent un lit et passent la patate chaude au secteur libéral.

    Le recours à la famille est devenu la bonne excuse du cache misère d’un système qui ne veut plus ses vieux (et puis ils ont beau jeu sur la culpabilité : quoi vous ne voulez pas vous occuper de votre mère?). Mine de rien le grand public récupérè des charges qu’il ne devrait pas.
    Sauf que sauf dans des cas précis ou ça le concerne le grand public s’en fout.

    On a donc le shéma suivant:
    L’hopital s’en fout
    Le medecin de ville gueule mais au fond s’en fout (n’appelle jamais l’hôpital par exemple, pourquoi se mettre mal avec des collègues? )
    Le grand public s’en fout
    Les infirmières libérale ont bien compris qu’elles ont de force un rôle central mais au bout d’un moment apprennent a se protéger because ce n’est pas avec deux passage par jour de 30 minutes (quand on les trouve!!!) qu’ont fait une prise en charge à dom sérieuse d’un alzheimer… donc on s’épargne de faire n’importe quoi, a l’impossible nul n’étant tenu…

    Reste la famille concernée toute seule. Et une suite de soins en général assez catastrophique.

    Alors le patient revient aux urgences et on repart pour un tour.

    Je ne parle pas de la roumanie des années 50 mais de ce qui se passe tous les jours dans vos rues, derriere les fenêtres et que je suis mal payé pour bien voir.

    Revoltons nous bordel.

    Mais alors tous ensemble!!!!

    yann

  9. Un coup de gueule factuel et justifié.
    Une amorce de raisonnement sur le rôle des édiles dans le traitement de ces incivilités institutionnelles…
    Qui sait ? Un effet… Non, là, je verse dans l’optimisme : ce dont ont besoin les édiles, ce ne sont pas des témoignages de ce qui ne tourne pas rond, c’est d’une bonne grosse pression sur leur sens des priorités, je veux dire, avec effet électoral.
    Quand même, notrebordeaux.com prend du sens.

    Fred : tout mon soutien moral, pour ce que ça vaut…

  10. Salut à tous,
    Yann, pour le coup je ne pense pas que tu t’emportes, je suis conscient que tu es très bien placé pour connaître la mécanique du problème; et je suis ravi que tu l’expliques ici.
    Par contre, je ne vois pas pourquoi le Dr. Delaunay ne se prononcerait pas sur le sujet. Si j’ai choisi son nom c’est parce qu’elle est liée à l’hôpital en question, elle a une charge d’élue et elle était présente à la soirée zéro de la République des Pintes en tant que blogger. Si ELLE ne répond pas je ne vois pas qui répondrait.

    Je suis prêt à afficher un compteur du genre « xxx jours » que nous avons posé cette « question » à « untel » et qu’il n’a pas daigné répondre. Pour chacune des questions posées qui restent sans réponse satisfaisante; me demande si ce n’est pas une idée à généraliser même.

  11. Pour les avoir longuement cotoyé, je ne compte pas spécialement sur les politiques, tous bords confondus, pour prendre soin des institutions, même les plus essentielles. La somme des pouvoirs, des richesses communes et l’impunité que nos suffrages confèrent à ce qui n’est hélas souvent qu’une fratrie de moulins à vent leur évite le plus souvent de devoir assumer de leur vivant l’inéptie économique, sociale et humaine de leur comportement. Sans verser dans le « tous pourris » ou la poésie de Jean-patrick Capdevielle, il est réelement permis de se demander à quoi peuvent bien servir les serviteurs de la chose publique quand celle-ci se contrefout de la définition même de service. Pourtant, le service n’est pas uen chose compliquée ou chère : cela consiste le plus souvent à soigner les détails et à rechercher la gratitude. Il semble que nos services publics ait délaissé depuis quelques temps cette part non mesurable de leur action. Ma mère était infirmière – ironique, non ? – et mesurait la qualité de son travail au nombre des cartes de voeux qu’elle recevait en fin d’année.

    Merci pour vos commentaires et votre soutien.

  12. ben old cola… oui pourquoi ne répond-t-elle pas?
    C’est une très bonne question que je pose avec toi…

    Peut être la réponse d’orangina rouge: PARCE QUE!!! sinon je ne vois pas… ;)))

    Ceci dit du coup je suis retourné sur le blog de michelle et je viens d’apprendre qu’elle se bat pour… l’utopia… Soit.
    Apparemment les alzeihmer ne votent pas, les bobos oui…

    ;)))

    Ok cette réflexion n’a pas grand intérêt… mais ça me détend…

    Fred tout mon soutien de nouveau… d’ailleurs si je peux t’aider mail moi…

    yann

    PS je viens de relire ta note de departd, et pour la blague sache que j’ai reçu il y a quelques temps une patiente à peu pres dans les mêmes conditions sauf qu’il n’y avait même pas de mari… Comble de l’ironie elle nous a été livrée avec un bilan de l’ergothérapeute du chu nous précisant toutes les modification à faire dans sa maison… Modifications a faire donc, mais non faites bien sur…
    Ça c’est du relais!

  13. OK, je vois que la patate chaude est un sport finalement assez répandu entre l’hosto et la médecine de ville. On préviendra donc autant que possible autour de soi afin que les gens ne soient pas surpris par ce transit imprévu.

    Peut-être en fera-t-on un petit film informatif destiné aux habitués de l’Utopia ; un truc anti-mike moore, assez long pour provoquer des escares fessiers à ceux qui n’avaient pas pris la peine de venir avec leur sous-cul. Intitulé « Féculents : bouillis puis projetés », ce vidéogramme de 12 heures montrera Michele Delaunay achetant une tickarte pour aller à un happening RnB à Cenon.

    Le PS adore la culture subventionnée.

  14. Vi je crois que ça ca serait un grand projet…

    Et puis le plus « fun » dans ces cas là c’est qu’ils se réfèrent à la volonté du patient en général…
    Tu les appelle et euh, royaux… Mais, cette femme voulait rentrer chez elle!!!

    Je ne dis pas qu’il ne faille pas se référer a la volonté du patient hein, mais bon quand mémé yoyote sérieux on peut peut être ne pas tout prendre pour argent comptant, sauf si ça vous arrange bien sur…

    allez je vais bien, tout va bien….

    a+

    yann

  15. Je réponds tardivement car je n’avais pas encore découvert ces messages. A l’inverse, je n’ai trouvé aucun message au nom de Yann auquel je n’ai pas répondu. Je remercie Yann de bien vouloir me renvoyer ces messages. J’ai pour habitude de répondre à tous les mails que je reçois.

    Je ne peux répondre de l’attitude d’un service ou d’une personne d’un service à l’hôpital Saint André. Mon propre service (que j’ai quitté et confié à mon successeur après mon élection) est me semble-t-il très attentif aux patients et à leur famille.

    Mon implication de députée dans le soutien aux malades et aux familles d’Alzheimer est grande. Il y a peu de jours où je ne m’en occupe pas en ma qualité de vice présidente du groupe socialiste en charge de la politique de l’age.

    Je suis intervenue déjà dans deux colloques sur le sujet à Paris. J’ai réuni un groupe de travail à l’assemblee « politique de l’age » et nous audionons sur le sujet la présidente de France Alzheimer la semaine prochaine. A Bordeaux, je m’occupe d’un projet de halte de jour et d’aides aux aidants …

    Si je peux aider, n’hésitez pas à me contacter par l’intermédiaire de mon blog
    michele-delaunay.net/blog

    cordialement à tous

  16. Merci pour ces mots qui se traduisent, je le sais, par une action de terrain. En citoyen impliqué, on reste parfois sans voix devant l’ampleur prise par les problèmes liés au vieillissement de la population et par l’état de surcharge continue de l’hopital public à Bordeaux, en France ou dans la plupart des pays développés.

    Pour l’anecdote, je dois dire que j’ai été favorablement impressionné par les moyens mis en oeuvre par la sécu pour l’hospitalisation à domicile de ma mère. Ce n’est donc pas tant un problême de moyens techniques que la carence de communcation entre des équipes rompues aux aléas de ces pathologies et des familles qui, heureusement, les découvrent le plus souvent, qui est à déplorer.

    Le Québec, ou je résde depuis peu, comble les carences de son appareil hospitalier en organisant des réunions d’information pour les familles de personnes pour lesquelles un diagnostic de cancer vient d’être prononcé. Cette approche me semble nécessaire et pourrait même s’avérer utile auprès de personnes non impliquées par la maladie d’un proche.

    Car Alzheimer montre très bien à quel point la vie est fragile. Le rappeler à tous est une très bonne chose.

  17. Mme Delaunay, merci pour votre commentaire. Je suis ravi que le sujet soit arrivé sur votre écran et que vous ayez pris la peine de vous exprimer.

    Fred, je commence à me demander si l’une ou l’autre de la RdP ne pourrait pas servir de base pour une réunion comme celles que tu évoques. Pourrais-tu me trouver un contact qui me raconterait comment ça se passe pour voir s’il est possible d’organiser qqch de même par ici ?

  18. #OC : Je viens de voir le film « away from her » qui décrit plutôt bien la maladie et ses conséquences individuelles. Je n’ai pas partiipé à une des réunions dont je parlai et je me demande bien quelle approche est employée.

  19. C’est bin d’la misère de pas savoir pas en toute. 🙂

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